Traditionnellement l'automne est une période très riche en sorties musicales de qualité. C'est donc en toute logique que je vais vous parler de la nouvelle vidéo extraite du dernier album d'Under Byen sorti en.... janvier. Ce merveilleux film a été réalisé par le réalisateur Danois d'origine Afghane Manyar I. Parwani qui a notamment réalisé le film Himlen Falder en 2009 et pour lequel Under Byen avait enregistré une très belle version de la chanson traditionnelle Danoise "Du er min øjesten".
Je ne comprends pas un traître mot au danois mais il est plus qu'improbable que Parwani ait adapté les paroles. Il a laissé voguer son imagination pour transposer quelque part en Occident sa vision du Japon traditionnel. Le tout dans un style pas trop éloigné de celui de Matthew Barney et en l'occurrence très théâtral et chorégraphié.
Quand bien même on ne verra jamais "Unoder" en rotation sur MTV il s'agit d'une vraie belle réussite esthétique qui met en valeur la qualité intrinsèque de la chanson!
Est-il plus grande joie pour l’homme de bien que d’avoir le privilège de rencontrer les idoles de ses jeunes années ? La réponse est non et la joie est d’autant plus grande que l’attente fut longue.
Après quinze ans d’une écoute quasi religieuse de Blue Lines , Protection et (surtout) Mezzanine , j’ai enfin eu le privilège dont au sujet duquel que je causais, le privilège donc d’aller voir Massive Attack en concert dans le cadre du Festival La route du Rock à St Malo. Et comme c’était décidément le samedi du bonheur, le groupe avait eu la délicieuse idée d’amener la délicieuse Martina Topley Bird dans ses bagages (Hope Sandoval était dans le coin mais je ne l’ai pas vue, j’espérais pourtant la voir les rejoindre sur scène pour un Paradise circus ).
L’envoûtante voix de Martina ayant hanté les premiers albums d’une autre de mes idoles (Tricky bien sur), le lecteur un tant soit peu concentré sur mon propos aura saisi la félicité qui guidait mes pas dans la gadoue Malouine.
Car oui, y’a bien eu du Massive et de la Martina mais alors, y’a aussi eu de la pluie des grandes occasions, sans doute histoire de nous mettre plus facilement dans l’ambiance humide des soirées Bristoliennes (comme si j’avais besoin des élément pour ça, de quoi je me mêle, vraiment !). Qu’il pleuve en Bretagne au mois d’août n’a rien d’exceptionnel mais qu’il pleuve toute la nuit précédente et toute la journée, je trouve que c’est limite abusif.
Quoiqu’il en soit c’est donc dans une immense pataugeoire que nous avons débarqué en fin d’après midi, accueillis dans l’enceinte du festival par une averse pas piquée des hannetons.
N’étant pas franchement équipé pour ce genre de temps, j’ai assisté à la prestation de Martina depuis la tente de la restauration, bien au sec.
Dommage, j’étais un peu loin pour profiter pleinement de sa prestation mais sa voix précieuse est parvenue à mes oreilles délicates et j’ai ainsi pu saisir des bribes de magie. J’étais bien triste pour la diva, elle ne méritait pas de faire son show devant une poignée de courageux.
On pouvait donc craindre la Berezina pour la prestation des rois du trip hop mais heureusement la pluie a fini par nous lâcher la jambe et je pus donc aller me placer au fin fond de l’enceinte pour assister au show soit à environ 70 mètres de la scène.
Pourquoi si loin me demanderas-tu. Eh bien pour la bonne raison que c’était la zone à peu près praticable pour ceux qui n’avaient pas prévu les bottes. Le reste de l’espace ne ressemblait plus guère qu’à un marécage alors non merci.
Bref, nos stars Anglaises ont commencé leur show aux environs de 23 heures 15 et tout de suite la magie a opéré. Sous la direction de l’omniprésent Robert Del Naja Massive Attack a offert une prestation tout bonnement splendide, essentiellement basée sur des titres du dernier opus Heligoland et du chef d’œuvre Mezzanine ( Safe from arm était le seul rescapé des deux premiers albums du groupe).
Il est généralement compliqué de fournir un bon son en extérieur mais cette fois la densité sonore du groupe a été parfaitement servie. C’est sous un déluge réglementaire de basse que j’ai pu apprécier la qualité du mix sur l’ensemble des chansons. Rien ne manquait entre les voix, les effets de guitare, la batterie électronique et les samples. Il n’en fallait pas plus pour entraîner les milliers de fans dans une folle danse vaguement tribale (à savoir un balancement de la tête, des épaules et du bassin). Car oui le trip-hop fait danser, pas besoin de sauter dans tous les sens !
Alors quid des chansons ? Étant donné que j’étais à fond dans ma transe et que je n’ai pas une mémoire fabuleuse, je suis incapable d’établir une setlist de la soirée.
Je me souviens juste qu’on a eu droit à Babel , une nouvelle version de Teardrop magnifiée par Martina, un Splitting the atom porté par le flow ténébreux de Daddy G. (brrrrrrr), Girl I love you et Angel avec Horace Andy (le loveyouloveyouloveyouloveyou rend toujours terriblement bien !) et Risingson (avec peut êtreMezzanine , je ne suis pas sur) avec Daddy G et 3D.
Comme si cette sélection de haute tenue ne suffisait pas Massive Attack dispose d’un dispositif visuel tout à fait fascinant avec le défilement de messages à caractère hautement alter-mondialiste qui a fait la joie des fans de l’anti-sarkozysme primaire (dont je suis). L’on apprit donc le salaire du patron de BP, quelques messages sur Madame Betencourt, les statistiques de la garde à vue dans le monde etc. C’est beau, c’est sans doute nécessaire mais ça m’a un peu déconnecté de la prestation musicale pendant un temps (avoir à ses côtés un énergumène identifié qui hurle sa haine de Sarko ça aide pas à la concentration !!).
Après environ une heure vingt de spectacle total le rappel, un Atlas Air apocalyptique a fini de mettre le public à genoux.
Je ne savais pas trop qu’attendre des vieilles gloires du tri-hop et je ne peux que les remercier de nous avoir délivré ce soir-là une prestation tout bonnement magique.
Heureux veinard qui aura l’occasion de les voir prochainement au festival Rock en Seine !
Je ne vais pas mentir, je ne connaissais pas la moindre chanson de la bande de Konstantin Gropper une semaine avant de me déplacer pour le premier show.
Je me suis donc farci en boucle le dernier album Vexations pendant quelques jours, histoire de me faire une bonne idée de ce à quoi pourrait ressembler la prestation des Allemands en première partie d'Under Byen. Cette débauche de pop lyrique et démesurément ambitieuse m’a tellement emballé que je me suis empressé de commander l’édition double cd de l’album et c’est donc en toute confiance que je m’en suis allé arpenter les terres Belges.
Confiant, je l’étais mais bon, malgré tout leur talent j’avais du mal à imaginer que Get Well Soon puisse me laisser un grand souvenir: de mémoire de groupie des Danois, tous les groupes que j’ai pu voir passer avant ou après ont paru purement anecdotiques et je dois retourner voir mes billets d’entrée pour me souvenir leurs noms (exception faite pour Our Broken Garden parce que, parce que, bon). C’est ce que j’appelle l’effet Under Byen .
Bref d’entrée de concert j’ai été agréablement surpris par l’excellence du son, à la fois puissant et clair. Et je fus donc embarqué pour une bonne heure dans l’univers de Konstantin et de ses cinq compagnons.
Je ne sais vraiment pas si les comparaisons avec Radiohead ou Arcade Fire se justifient mais Get Well Soon sait aujourd’hui imposer un style qui lui est propre, un savant mélange entre envolées fiévreuses (issues essentiellement du premier album dont un imparable If this hat is missing) et moments plus posés (A voice in the Louvres notamment ou Tick tack pendant lequel le groupe laisse Konstantin et sa sœur seuls sur scène).
La voix de Konstantin était d’une justesse imparable et bien aidée par des musiciens jouant avec une cohésion rare. Tout cela était donc extrêmement bien joué, peut être trop carré pour déclencher la folie des premiers concerts d’Arcade Fire par exemple mais comment pouvait-il en être autrement avec des projections vidéos qui demandaient une synchronisation parfaite avec le son (les chœurs du fabuleux We are Ghosts par exemple étaient diffusés par la vidéo)?
Aaah ces vidéos, elles n’ont pas fini de faire débat je pense ! Personnellement je ne pense pas qu’elles dispersent le public de la prestation live, bien au contraire. J’avais rarement vu la vidéo utilisée aussi intelligemment dans un concert. D’une beauté à couper le souffle, elles se marient à la musique live et créent une admirable fusion (l’inquiétant clip d’Angry young man ou We are Ghosts, donc et les gros plans de Konstantin captés live par une petite caméra située au niveau de son micro).
En conclusion, Get Well Soon a produit ce soir-là une prestation de premier ordre et a su déjouer l’effet Under Byen (à tel point que les pauvres Danois ont paru bien fades en comparaison, mais c’est une autre histoire).
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Fort du souvenir enthousiasmant de cette découverte c’est avec une belle excitation que je suis retourné voir Get Well Soon deux jours plus tard et à Paris cette fois dans la très belle Cigale.
Cette vieille salle de spectacle est l’écrin rêvé pour la musique de Gropper, on la croirait avoir été créée pour cela (démagogie ou sincérité, Konstantin a d’ailleurs déclaré que cette salle était un de ses endroits préférés).
Les sympathiques Américains de Musée Mécanique ont ouvert la soirée avec leur folk West Coast très propre et franchement agréable. Bon, on ne peut pas appeler ça « chauffer une salle », leur musique n’ayant pas pour vocation de déclencher la furie mais pas grave, de toute façon le public était visiblement déjà prêt à en découdre avec les Allemands. Après le départ du trio sous les applaudissements, Get Well Soon a pu s’approprier la scène et mettre à genoux une foule enthousiaste.
Reprenant la setlist du Cactus Club, le groupe a eu la bonne idée de rajouter une touche d’énergie supplémentaire qui a enflammé la Cigale ( Lost !…, If this hat is missing… encore une fois impeccables).
Après environ 1h 45 le groupe a achevé sa prestation par un quatrième et ultime rappel I sold my hands… habité. Les 800 privilégiés qui ont assisté à ce merveilleux concert ont très lentement quitté la salle comme pour prolonger encore cet instant de magie.
Comment dés lors ne pas placer ce concert dans le top5 de mes expériences live ?
Il me tarde déjà de revoir Konstantin, sa sœurette et leurs amis offrir un tel moment de bonheur.
J’espère maintenant en retrouver une trace (le concert semble avoir été partiellement filmé et un car Radio France campait devant l’entrée).
Setlist :
Seneca’s silence
People magazine front cover
We are free
5 steps/7 swords
A voice in the Louvre
Listen! Those lose lost at sea sing a song on Christmas day
Werner Herzog gets shot
That love
If this hat is missing I have gone hunting
We are ghosts
A burial at sea
Ticktack! Goes my automatic heart
Angry young man
We are the Roman Empire
(rappels à La Cigale)
Jesus etc. (reprise de Wilco) avec Musée Mécanique
"Ô le beau blog que voila!" dira avec une grande indulgence le visiteur généreux que tu es.
Et tu auras raison car il sera question ici de musiques enivrantes, d'artistes possédés et d'albums plus passionnants les uns que les autres.
Cette page ne sera que calme, luxe, volupté et cui-cui d'oiseaux sauf quand il s'agira de brutalité bestiale, de dissonances rédhibitoires voire de cris effrayés de jeunes vierges sacrifiées (ce qui sera plus rare mais terriblement plus vendeur).
Tout cela te sera servi dans un déluge littéraire dont la finesse de style et la richesse lexicale feraient pâlir Proust et tous ses obscurs petits camarades écrivaillons de supérettes (*).
Ah, petit Veinard que tu es, va!
(*) Toi aussi, ami rastaquouère, retrouve la verve de ma plume dans ta langue maternelle grâce à l'extraordinaire qualité du traducteur Google qui restitue avec une maestria confondante toutes les subtilités, qui en anglais, qui en polonais ou javanais ("You too, friend adventurer, finds the vein of my pen in your native language thanks to the extraordinary quality of Google translator, who renders a masterful confusing subtleties, which in English, which in Polish or Javanese")